Cette semaine, nous avons eu le plaisir de rencontrer Stéphane Lemaire, consultant et formateur en stratégie digitale. Son parcours atypique de voyageur lui permet de nous donner une vision dynamique du monde digital actuel.

Stéphane Lemaire, pouvez-vous nous résumer votre parcours ?

J’ai un parcours atypique, bien loin des standards.

Après un bac scientifique, j’ai fait les Beaux-Arts où j’ai commencé à m’intéresser au graphisme, aux sites internet, à l’écriture publicitaire. Je me passionnais pour le choc du slogan, détourné pour des messages sociologiques, politiques, philosophiques. Nous étions en 1999, le marché s’ouvrait pour des jeunes sachant manier ce qu’on appelait les NTIC. J’ai eu la chance de travailler avec l’agence AAA, je réalisais les fonds de scène, en numérique pour une série animée des Shadocks. Une expérience riche de rencontres. Puis, crise dans l’animation, je suis donc devenu professeur d’arts plastiques en ZEP à Paris tout en travaillant mon projet d’agence de communication, à distance, avec deux anciens collègues étudiants. Je suivais également les cours d’agrégation d’Arts plastiques à Saint Denis. Je revins à Nantes pour créer « le Cabinet de Curiosité » qui compte aujourd’hui trois sociétés de communication, production et développement. Cinq ans de direction d’agence avant de vendre mes parts à mes associés. Plutôt que de former mes clients pour pouvoir leur vendre mes services, je me suis dit qu’il serait plus intéressant de former des gens et d’être payé pour ça. J’ai donc fait le choix de devenir formateur et consultant (stratégie de communication, création de sites internet). Pendant 5 ans, j’ai vécu en travaillant en partie à distance, un jour à Rio, l’autre à Tokyo ou à Alexandrie, revenant donner des cours 4 mois dans l’année en école de commerce et en centre de formation pour adultes. En 2013, je suis parti vivre en Colombie en y créant une affaire de traiteur de crêpes (Et oui je suis Maître crêpier !). Je m’y suis marié et je suis revenu avec ma grande famille, quatre enfants et un chien ne parlant qu’espagnol.

Depuis 2015, je forme sur le digital et aussi sur le management interculturel, la gestion du temps et du stress et la relation clients, bref tout ce que j’ai développé comme compétences à l’étranger.

Vous avez voyagé pendant des années, vous avez été formateur, et consultant dans le digital. Quelle est votre vision du monde digital actuel ?

Pour moi, le digital est synonyme de plus de liberté.

Il m’a toujours permis d’avoir des outils afin de gagner en autonomie et en gestion de mon emploi du temps. J’ai une relation passionnée avec le digital, il m’attire, me comble et parfois me lasse de temps d’évolutions perpétuelles. Ce qui me fascine, c’est que plus on développe le digital, plus on revient à la relation humaine, à la confiance, à l’attention sincère. C’est le monde de Matrix. Nous vivons dans une schizophrénie liée à la découverte d’un Nouveau Monde. Nous pouvons le voir notamment dans la relation client, l’impatience des clients, l’habitude de l’instantanéité digitale plaquée de façon maladroite sur la vie de tous les jours. Nous allons apprendre à vivre avec cela, à nous habituer au digital, à apprendre à écrire des mails, à participer à des réseaux sociaux en maitrisant (je l’espère) l’écueil des interprétations désastreuses sur les relations humaines. Pour moi, le digital est une nouvelle Renaissance, une porte ouverte vers les possibles.

Quels conseils donneriez-vous à un jeune étudiant qui veut se diriger vers le digital aujourd’hui ?

Je lui conseillerai de développer sa culture générale, d’apprendre de la philosophie, de l’histoire des hommes. Pourquoi ? Parce que le digital est basé sur l’analyse du besoin client et un client c’est avant tout un être humain avec des besoins fondamentaux et des actions/réactions observées depuis des milliers d’années. Platon est un auteur du digital dans ce sens (-400 av JC). Le Cloud ressemble beaucoup à son monde des idées. On lit dans le livre VII de sa République : « N’use pas de violence envers les enfants, fais plutôt qu’ils s’instruisent en jouant ». Je crois que nous sommes dans une société qui nous permettra de plus en plus d’avoir une approche ludique. A nous de ne pas oublier que le jeu n’est qu’un moyen, pas une fin…

Merci à Stéphane Lemaire, formateur et consultant,  d’avoir répondu à nos questions.